Le village d’Alfred se situe entre Ottawa et Montréal sur la nouvelle route historique de Champlain qui suit de près celle que le « Père de la Nouvelle-France » a emprunté pour effectuer son premier voyage en Huronie (l’ancien pays des Hurons-Wendats) en 1615 et 1616. Selon Statistique Canada 2016, le français est la langue officielle parlée par 86 % des Franco-Ontariens d’Alfred qui célèbreront bientôt le 150e anniversaire de leur paroisse Saint-Victor.

Au 17ème siècle, les berges de la rivière des Outaouais étaient des lieux de campement d’occasion pour les voyageurs en canot qui se rendaient au cœur des Pays d’en Haut ou qui en revenaient. Près de l’actuel village d’Alfred, devenu l’axe de l’agroalimentaire en sol ontarien, vivaient les Oueskarinis, un peuple autochtone peu nombreux que nos ancêtres appelaient à juste titre « La Petite Nation ». Aujourd’hui, la rivière Nation qui traverse le canton d’Alfred et Plantagenet, avant de se jeter dans l’Outaouais, rappelle cette ère antérieure à toute colonisation européenne dans l’Est ontarien.

Les premiers colons d’Alfred sont venus d’Irlande entre 1820 et 1830. Ils s’appelaient, entre autres, Brownrigg, Tierney et Watson. Ils ont fait de la pomme de terre un aliment de base qui tenait une grande place dans le quotidien gastronomique. Pour eux une patate de haute qualité valait son pesant d’or. À partir de 1830, les familles Péladeau de Beauharnois, Sarrazin de Vaudreuil, Lavoie de Kamouraska, Ouellette du Lac Saint-Jean, Simard de Laprairie, et plusieurs autres du Bas-Canada, vinrent s’établir sur les terres arabes d’Alfred (dans le Haut-Canada) qui étaient, au dire des Irlandais, bien pourvues en éléments nutritifs. Au fil du temps, les Francos prirent la relève des Anglos et devinrent une forte majorité. Ce village « Gaulois » de l’Est de l’Ontario devint sûr de ses connaissances agroalimentaires, et ses villageois surent tirer profit de leur acquis en la matière.

Riche de cette transmission interculturelle entre nations d’un savoir agricole les gens d’Alfred et des environs donnèrent graduellement à la pomme de terre une qualité sans pareil. Reconnu comme la « Capitale de la patate-frite du Canada », Alfred est fier de sa réputation à l’échelle du continent. Depuis son origine dans le Québec rural des années 1950 la célèbre poutine québécoise s’est intégrée dans l’histoire locale à la demande des usagers de la route 17. De nombreuses études de faisabilité ont démontré que le tourisme gastronomique / culinaire peut se pratiquer aussi bien dans un restaurant haut de gamme que dans les grandes chaînes de restauration rapide, sans oublier les casse-croûtes, les cantines et les bars laitiers.

En réponse au télétravail et au besoin des travailleurs de sortir de leur bulle cybernétique, le village d’Alfred s’est joint dernièrement au circuit artistique des popsilos de la région, synonyme de répit vacancier en allusion à la popularité croissante des silos de ferme et de fromagerie avoisinante. Le court vidéo de trois minutes au lien ci-contre vous donnera de plus amples informations sur le circuit des popsilos inspiré des châteaux d’Écosse https://fb.watch/7-4wHhVHUd/ .

L’artiste Ankh One de Montréal a travaillé de pair avec les producteurs de la ferme Lalande (au 1163, chemin Caledonia Springs à Alfred) pour créer une nouvelle œuvre à couper le souffle qui s’ajoute aux murales monumentales existantes du circuit des trésors encore méconnus. Le silo d’Alfred baptisé « Poussière d’étoiles » représente l’équilibre entre l’homme, la nature et le cosmos : trois éléments qui forment un tout harmonieux, une vie précieuse, mais aussi fragile. On peut lire la fresque de gauche à droite, un peu comme une histoire qui se déroule. Comme les producteurs sont très souvent vulnérables aux conditions météorologiques ou aux imprévus de mère-nature, son thème est « La vulnérabilité », chaque silo ayant un thème qui lui est propre. Pendant la saison hivernale, une toute nouvelle perspective s’offre aux voyageurs, c’est-à-dire un pop de couleur vive sur un fond blanc de neige pure.

Les trolls de la Toile seront totalement ignorés – comme ils devraient l’être.

Avec l’espoir de faire aimer l’histoire.

JP

Avec l’aimable autorisation de Jean-Pierre Bernier

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